Tentation : JUSTINE, BRASSERIE ET CUISINE AU FEU DE BOIS À OBERKAMPF

Comment transformer une brasserie parisienne en néo bistrot à la mode ? Suivez l'exemple de Chez Justine qui est devenue tout simplement Justine
Par Ludovic Bischoff

Dans la très bien achalandée rue Oberkampf, cette brasserie old school a réouvert après un lifting complet. Le patron, aussi aux commandes des Triplettes à Belleville et de sa version italienne (Tripletta), a conservé l'esprit de resto de passage avec une salle aux banquettes en cuir, une cuisine ouverte et beaucoup de bruit. C'est plus calme et intimiste dans la salle à l'étage. Une déco chaleureuse, simple, qui invite à s'installer. Et une carte qui joue aussi l'esprit brasserie avec de multiples propositions à des prix abordables. Un bon mix !
 
Mais pour le petit plus glamour qui fera de votre bistrot un lieu à la mode, rajoutez une cuisine au feu de bois qui fait frétiller le hipster urbain qui se rêve en homme des bois même s'il se déplace en Vélib ! Voilà pour le concept. Passons à table...
 
Les propositions d'entrées sont du tonnerre ! Les beignets de légumes et ricotta sont fondants. Le caviar d'aubergine à la braise et son œuf confit étonnants. Les poivrons à l’ail rôti et houmous, frais comme tout. Un délice à partager avec vos convives pour des tarifs entre 7 et 9 euros. Rien à redire. D'autant que les autres idées d'entrées à la carte sont aussi alléchantes. La prochaine fois, je tente le carpaccio de bonite sauce poivron, gingembre et coriandre !
 
Les plats, eux, font la part belle aux viandes grillées dans ce fameux four à bois. Des ribs de cochon noir, du magret de canard fumé et même du poulpe grillé au paprika fumé. Tout cela est prometteur mais c'est vers la cote de bœuf que je me tourne pour avoir un test en version XXL d'une viande nature, juste grillée. Un très bon choix. La viande rosée à l'intérieur et croutée à l'extérieur est goûteuse et copieuse. 55 euros quand même, un tarif un peu élevé qui ne reflète pas les prix des plats qui se situent entre 15 et 24 euros. En accompagnement de cette viande savoureuse, vous avez le choix entre du choux-fleur rôti et houmous (bien, même si le choux aurait pu être un peu plus croquant), une purée de pommes de terre rôties (un petit arrière-goût fumé pas mal du tout). Mais aussi des frites, des pommes grenailles, une salade mesclun... La côte de bœuf est accompagnée d'une sauce chimichurri qui est assez neutre. Elle aurait pu être un poil piquante, comme elle se doit de l'être, mais vous êtes dans une brasserie, qui... brasse du monde ! Donc, pour ne pas cliver, ce chimichurri est volontairement un peu passe-partout.
C'est dommage et l'on retrouve un peu cette volonté de ne pas bousculer dans les desserts qui sont, à mon goût, en dessous du reste de la carte. La baba au rhum arrive avec un sirop au rhum vraiment très (trop) peu alcoolisé ! La tarte fine aux pommes est, elle aussi, assez oubliable. Elle aurait mérité d'être minute, pour arriver chaude et croustillante et faire fondre sa boule vanille. Elle sera tiédasse et un peu sèche...
 
Bref, vous l'aurez compris, foncez sur les entrées assez formidables. Explorez les plats qui sont de très bons niveaux. Et pour les desserts, c'est à vous de voir, mais rien d'obligatoire. Ah, oui, la carte comporte aussi une belle proposition de pizza « 100% italiennes » selon les recettes qui font le succès de Tripletta. Elles sont plébiscitées par les clients et semblent vraiment bonnes. Pour ceux que les grillades n’enflamment pas !

Photos : 1 La salle de Justine par Roberta Valerio - 2  : Les entrées à partager - 3 : La côte de boeuf XXL - 4 : Tarte fine aux pommes - 5 : Les pizza, l'autre spécialité de Justine par Magna Presse.

Justine
96, rue Oberkampf - 75011 Paris - Tel : 01 43 57 44 03
 

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