Depuis une semaine le monde viticole est en effervescence. Et je viens de tomber amoureuse de cette terre de tous les extrêmes, mariant avec arrogance, glace, rocs et feu au gré d’une magie envoûtante. C’est sur cette terre si fertile, entre cordillère et pacifique que la vigne Chilienne qui s’épanouit à la vitesse de l’éclair vient de donner naissance à ce qui pourrait bien être l’étoile du siècle : un vin nommé Altaïr.
Depuis déjà dix ans, de grands viticulteurs bordelais ont compris que c’est un réel privilège de pouvoir travailler et faire évoluer ces terroirs en produisant des vins du nouveau monde à la qualité de plus en plus exceptionnelle.
Aujourd’hui le Groupe Dassault sous l’impulsion de Laurent déjà en charge de Château Dassault à Saint-Emilion, s’associe à la grande famille Luksic pour le développement d’un terroir d’exception, parcelle du déjà renommé Domaine San-Pedro, propriété de Guillermo Luksic et l’un des plus anciens vignobles chiliens qui exporte en deuxième position dans plus de soixante pays du monde.
C’est sur les conseils de Pascal Chatonnet œnologue bordelais que Dassault vient d’investir dans ce pays du bout du monde aux richesses insoupçonnées et aux vignobles extraordinaires, un vignoble coincé entre les deux cordillères qui englobent la vallée de Cachapoal. Un projet qui s’est réalisé en à peine un an aboutissant à l’inauguration cette dernière semaine d’une « bodéga » gigantesque créée par l’architecte chilien Samuel Claro qui se fit un point d’honneur à la dissimuler dans la pierre de la cordillère, appelée pierre de Chacabuco pour qu’elle se fonde dans le paysage. Cette pure merveille de technologies avancées autorise le cheminement des baies et du jus, par gravité. L’intérieur de la bodega est lui aussi spectaculaire. Dans une harmonie tout a fait épurée et contemporaine, l’espace intérieur offert aux visiteurs, est en permanence ouvert sur les vignes, soit par un effet d’ouvertures, soit par d’immenses baies vitrées entrant de plein pied dans le vignoble
Le domaine, situé à Totihue, dans la vallée de Cachapoal, à 90 Km au sud de Santiago, présente une superficie de 155 hectares dont 70 ha aux pieds de la Cordillère. Ces derniers bénéficient d’un micro climat unique au monde ou des sols gravelo-argileux, en coteaux, aux pieds de la Cordillère des Andes sont à une altitude de 600 à 800mèttres.
Le premier millésime d’Altaïr, mis au point par les deux partenaires, a pour ambition d’être le meilleur vin chilien de ces prochaines années…… à la dégustation, il est à parier que leurs prédictions et leurs souhaits se réaliseront. Altaïr du nom d’une étoile, la plus pur et la plus brillante de la constellation de l’Aigle, est, par analogie, la nouvelle « star » montante du monde des très grands vins chiliens. L’encépagement de cabernet Sauvignon majoritaire à 86%, un léger pourcentage de 7% de merlot, et de 7% de ce rare survivant qu’est le Carménère si impressionnant par sa puissance et son caractère typique. Sidéral, l’autre vin dans la lignée d’Altaïr, est composé de 70% de Cabernet Sauvignon, 10% de Merlot, 10% de Carménère et 10% de syrah. Il promet lui aussi d’être de bonne veine.
Voici donc, deux crus à l’ambition portée haute et à la quantité volontairement restreinte. Lors de cette inauguration, la vallée de Cachapoal fut très festive et les émotions de cette découverte touchaient jusqu’au cœur tous les vignobles alentours représentés par une assemblée renommée et très professionnelle qui reconnaissait à l’unanimité, l’immense caractère d’exception de cette nouvelle étoile au firmament des plus grands.
De ces deux vins d’exception il ne sortira qu’une production limité, pour Altaïr 2500 caisses et Sidéral, 10 000.
Si Altaïr est exceptionnel c’est probablement dû aux conditions idylliques de l’âge de la vigne de 15 ans, du rendement de un kilogramme de grappes par pieds, récoltés à la main et pressé dans un pressoir hydraulique à la verticale, vinification en cuve de bois, et élevage en fûts de chêne de France pendant quinze mois.
Pour Sidéral, les méthodes utilisées, moins traditionnelles, les vignes légèrement plus jeunes de cinq ans sont récoltées de la même façon, le pressoir par contre est pneumatique et les cuves de vinification en inox, le vieillissement en barriques, ne dure qu’une année.
La présence des grands œnologues bordelais au pays de l’extrême, n’est certainement pas un hasard. On savait les vins chiliens de grande qualité, pour ce qui était des meilleurs, on découvre aujourd’hui l’exceptionnel avec Altaïr.
Sur la route Nord Sud de cette terre étroite coincée entre Pacifique et Cordillère des Andes, du local et apprécié « Pisco » né en bordure du désert d’Atacama, aux nectars renommés des vallées de Maïpo, la vallée de Cachapoal vient de donner naissance à une pure merveille : l’Altaïr, un mariage réussit qui réunit deux grandes familles de l’industrie aux similitudes et aux passions communes.
Bonne initiative de la part de la famille Dassault que d’investir maintenant, suivant de près les autres grandes familles telles les Rothschild avec le domaine Los Vascos dans la vallée de Conchagua avec leur 300 ha. En 90 l’Alsacien Gabriel Massenez avec son château Los Boldos de 250 ha au sud de Santiago qui est le seul français actuellement à ne pas être associé à un partenaire chilien. A Macul trois autre français, Paul Pontalier, Bruno Prats et Ghislain de Montgolfier créent Vina Aquitania. Puis la Casa Lapostolle. En 97, c’est la baronne Philippine de Rothschild qui défraie la chronique en s’associant à Concha y Toro.
Aujourd’hui le joint venture avec le très puissant chilien Guillermo Luksic président de Quinenco, une holding qui contrôle Vina San-Pedro et est le deuxième plus grand exportateur du pays, autorise la famille Dassault à donner naissance à une grande et belle histoire autour d’un vignoble d’extrême qualité. Marcel Dassault, l’avionneur et industriel visionnaire, qui était tombé amoureux de Saint-Emilion en son temps, serait fier de voir sa descendance avoir le même sens des affaires et faire fie des Cordillères et des milliers de kilomètres qui séparent deux pays qui ont finalement toutes les excuses, et les mêmes valeurs pour se rapprocher.
Photo 1 : Laurent Dassault et Guillermo Luksic - 2 : Le vignoble vu du ciel - 3 : L’Altaïr - 4 : La Cordillère des Andes - 5 : La vigne.