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Pas du tout…

La Petite Maison - 84160 Cucuron.



AVERTISSEMENT
La rédaction du guide tient à préciser que cet article fait suite à un repas pris en Octobre 2002. Il correspond à une situation ressentie à cette époque.

Entretemps le restaurant a changé de mains, il appartient depuis le Printemps 2007 au chef Éric Sapet.

La nouvelle Direction n'est donc en rien concernée par le contenu de cet article.


Voir la page du restaurant La Petite Maison de Cucuron - Éric Sapet

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Par Thomas Paitty

Hélas, trois fois hélas ! Un déjeuner pris en Octobre 2002 nous a affligé. Passons sur un service pompeux et bêcheur, le personnel pas méchant, mais tellement vaniteux imite ces acteurs mal dirigés égarés dans une mise en scène ratée. Précisément, le metteur en scène est à l’accueil, jaugeant la qualité des arrivants. Une fois installés, nous aurons tout le temps d’admirer les produits à acheter placés à notre table pour la durée du repas ; traduction : vous êtes priés de comprendre que vous n’êtes plus chez les ploucs car la maison dispose d’un service commercial actif. Trop dur ! on vient pour se régaler et l’on constate que le patron, lui aussi, pense à se goinfrer ; alors forcément c’est un peu la tronche puisqu’on est au restaurant et pas chez " Mickey "… Quoique ! ! !

On aurait dû sentir l’embrouille, simuler un malaise, sortir vite fait, mais on reste docilement assis, nous sommes venus partager du plaisir, pas pour la bagarre, cependant faut quand même pas trop pousser. Et puisque tout le monde s’accorde pour annoncer l’endroit formidable, rester est indispensable afin de satisfaire la promesse de savoureuses voluptés. Mais quand ça commence à partir en vrille...

C’est déjà trop tard, le " Titanic de Cucuron " est en pleine mer avec nous à bord. On prie pour arriver à bon port. Ce jour-là le restaurant abandonne le formidable menu du déjeuner pas cher et le " menu-terroir " à 42,70euros ne fonctionne qu’avec un supplément de 8euros. Ce sera donc un repas à la carte et un menu.
Le premier impact est proche. Ici cela se nomme une " terrine de cochon " ; aussi épaisse et bourrative qu’une éponge de ménage. Ensuite la débine infernale s’abat sur nous : la chair ferme de la viande résiste vaillamment, les trois légumes sont si petits que le Chef n’a pas eu le courage de les faire cuire, le bar de ligne a l’aspect et la saveur d’un morceau de colin, les fragiles tranches de fromage ont l’épaisseur de feuilles d’or et le sorbet combatif attaque les sinus. Même le pain participe du désastre. Non, rien de rien ne peut être sauvé. En revanche le Châteauneuf-du-Pape blanc " Vieux Télégraphe " est remarquable.

À d’autres tables, la révolte grondait. Il y a des mauvais jours comme ça, surtout pour les clients victimes d’un malentendu entre les louanges lues et les plats servis.
Les gourmets allemands, américains et japonais présents sont persuadés que Cucuron a déclaré la guerre à leur pays.

La pire faute de goût est de gâcher le plaisir des convives, surtout lorsqu’ils arrivent déjà conquis et béats. C’est traîtrise, Pearl Harbor et Trafalgar réunis, des façons de gargotiers.

On se dit qu’il faudrait revenir, faire d’autres repas. Mais on médite la réponse du maître d’hôtel témoin de notre déception : " Ah ! oui…C’est parce que nous sommes mercredi, le Chef s’est arrêté pendant 2 jours ; revenez de préférence un vendredi, là il est en forme ".

Merci, mais la prochaine traversée se fera sans nous, on se fera excuser.
Nous irons plutôt à L’Auberge la Fenière de Lourmarin toute proche ou à La Bastide de Gordes à Gordes, pas si loin.


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