Didier Oudill, 46 ans. Cuisiner trois étoiles, il nous réserve de la grande cuisine bistrot au Dauphin. Portrait d’un chef à qui on ne tire pas le portrait !
Didier Oudill est un grand chef même s’il n’aime pas l’entendre.
Le passé, il en parle peu. On sait juste qu’il a commencé bien jeune et qu’il a derrière lui une expérience de trente ans.
C’est un chef voyageur aussi : il s’est envolé vers New York pendant quelques années et là bas il s’est forgé un esprit de battant.
Mais tout le monde sait qu’il a travaillé longtemps aux côtés de Michel Guérard et de ses trois étoiles, alors la technicité il connaît. Puis il s’est détaché de l’homme de la Nouvelle Cuisine et a pris son envol, non loin de là, à une vingtaine de kilomètres d’Eugénie-les-Bains : Grenade-sur-Adour plus exactement. Un lieu magique, une vieille maison de pierres sur la Place du village. Il reprend ensuite le Café de Paris à Biarritz, face à l’Atlantique avec son associé Gary Duhr.
Il y a deux ans à peine il achète Le Dauphin et le refait à son goût. A deux pas de la Place du Palais Royal, là où les touristes sont nombreux, là où règne le Louvre et la Comédie Française, il fait bon trouver un bistrot chic à la devanture soignée et aux fenêtres joliment habillées.
Un restaurant très bistrot d’antan : de belles tables en bois, un grand comptoir en zinc, des vitraux aux murs, un porte-manteaux à l’entrée et une desserte en marbre et fer forgé pour présenter les alcools. On s’y sent si bien comme dans un bistrot de Province.
Le chef est aussi un businessman, il sait se faire plaisir tout en répondant à la demande et pour preuve « une salade de tomates c’est essentiel, c’es ce que veut une certaine clientèle en été » . Autant dire que les touristes, il se les met dans la poche. Ici la salade de tomates, n’a pas de frisée ni de mozzarella plastifiée, le chef s’amuse en saveurs et reste créatif. Son atout : des produits irréprochables.
Des assiettes bien faites, assaisonnées au poil. Et qui plus est, ici on a pensé à tout. En effet sur les belles tables carrées quatre trous sur le côté pour en faire un présentoir d’huile d’olive, vinaigre, sel de Guérande et poivre du moulin. Original et pourtant tellement évident.
Son inspiration lui vient plus sur les marchés de Biarritz qu’à Paris.
Parilladas, Poissons marinés, anguilles fumées et produits landais de premier choix, cuisinés avec style. Bistrot ou gastro ? Aïe, il n’aime encore moins les barrières de la cuisine, les cases et les étiquettes. Il fait du bon produit comme il l’a toujours fait.
Le Déjeuner du Dauphin : 145FF service compris
Le printemps au Dauphin : 135FF, 160FF, 195FF
Le restaurant est ouvert tous les jours sans exception et sert le soir jusqu’à 22h45.