Féria du 15 Août, Béziers parle de tauromachie, et chante le Languedoc.
Par Véronique André
C’est une évidence, Le Languedoc a le sens de la fête, mais si cette région a ses rigueurs et ses rites, plus que tout autre elle aime s’amuser nous le découvrons ici à Béziers, pour la corrida du 15Août.
La ville déclarée canaille, est, ne l’oublions pas, avant tout une ville de fêtes, dans une région à sensations. Rugby, Corridas, Spectacles, Carnavals, Joutes, tout ici est raison à festoyer. À Béziers, la semaine du 15 Août est une semaine ou émotions, séductions et bonheur se transmettent par les vins du Languedoc. Tapas, bodegas, Flamencos, et bien sûr arènes du plateau de Valras sont en liesse au cœur d’une ville qui ne voit pas moins d’un million de visiteurs s’ajouter aux Biterrois déjà friands de festivités.
RITUEL SACRE DE LA TAUROMACHIE La tauromachie à ses rites, ses règlements et ses codes. Elle a aussi un langage qui lui est propre, un dérivé de la langue Espagnole qui définit les termes essentiels liés à cette histoire complexe qu’est la corrida.
Dans le cercle très fermé des aficionados, il est difficile de se frayer un chemin ne serais-ce que pour apprendre et comprendre. Pour faire partie de la grande famille taurine il vaut mieux savoir que rien ne se comprend d’emblée, que tout est question de sentiments et de raison, de lucidité et d’émotivité.
La corrida est, un épisode tragique qui se donne à voir totalement, à sentir, à entendre, à vibrer, un paradoxe démesuré entre toros et toreros. Mais n’est ce pas là la totale représentation de la vie quotidienne ?
Un esprit qui imprègne les arènes, de l’éleveur aux toreros en passant par le spectateur, ne laissant jamais personne insensible, bien au contraire. Si les arènes andalouses ont la primeur des grandes ferias notre Sud français n’est pas en reste avec Nîmes, Arles Dax, Bayonne, ou encore Béziers. Nous étions dans la ville Cathare pour la féria du 15 Août où les AOC du Languedoc présentait largement les nectars de leur terroir.
Guichets fermés pour El Juli, Castella le biterrois, (N°1 mondial de la tauromachie) et Bautista prévoyaient de l’attente d’un public passionné.
Si les stars taurines se sont heurtées à un bétail qui na pas donné les résultats escomptés, jusqu’au jour J du 15 Août, les jeunes et attendus novilleros offrirent aux aficionados les frissons de la novillada du matin comme pour annoncer les prémices de l’après-midi où une aura céleste se posait enfin sur les arènes biterroises, avant que le ciel ne se déchire dans un fracas coléreux et diluvien.
Lors de cette novillada nous avons assisté à des passes aussi différentes qu’insoupçonnables. Spectaculaires, parfois même un peu provocantes mais qui réveillait un public apparemment déçu des autres jours avec un Mehdi Savalli, un Ferreira et un Marco Leal bien décidés à tout faire pour les uns et finir en beauté pour le jeune Mehdi qui devrait être confirmé en fin de saison. Le trio bien soudé torréait avec plaisir et brilla.
18H, dernière corrida, le miracle arrive. Sous un ciel menaçant, le meilleur lot de cette féria nous est enfin offert avec les bêtes de qualité de l’élevage de Valdefresno chacune d’entre elles, apparaissait meilleure que la précédente. Denis Loré (une oreille au final), Antonio Ferrera(une et deux oreilles) mais c’est Ivan Garcia (une oreille, deux oreilles et la queue symbolique), restera comme l’homme de « l’Indulto » grâce à la noblesse et la bravoure de son adversaire le bienheureux Caraalegre sauvé sous les eaux du déluge. Après avoir poussé le cheval deux longues minutes, poursuivant sans arrêt banderilleros et Garcia autour de l’arène, la bête valeureuse ne s’arrêtait de déjouer la muleta, de la suivre et de l’esquiver comme par magie. Une caste et une classe pour l’ultime toro de cette féria 2006 ou un public de 7000 personnes réclama la vie sauve au valeureux animal, le plus fier de cette saison.
L’embargo taurin mis en place à cause de la langue bleue, nous empêche de profiter de la qualité des prestigieux élevages Andalous. C’est pourquoi les lots pourtant choisis avec rigueur ne firent pas l’unanimité de cette féria.
Pour ajouter à cette déconvenue, impliquons aussi un vent violent presque chaque jour, qui agaça fortement El Juli, gêna dangereusement Castella et les autres. Demi teinte alors me direz-vous pour cette féria tant attendue ? Que nenni, vous êtes ici au pays de la fête et chaque chose quelle qu’elle soit est bonne à prendre. Les aficionados savent tous qu’il faut un bon nombre de corridas avant d’en voir une qui raconte totalement cette osmose entre l’homme et l’animal. Pour cette année 2006, c’est Caraalegre qui donna la chair de poule à une arène pleine à craquer, qui imposa le respect au toréador Garcia, ému la présidence et fit pleurer les cieux.
C’est là que nous prenons conscience qu’au-delà des quelques images médiatiques la corrida se donne à voir totalement. La corrida est avant tout une tradition, un art, c’est aussi un drame qui plane, la corrida ne se regarde pas elle se partage, elle se vit, c’est avant tout, une histoire fascinante et raffinée mais sauvage et déchirante entre l’homme et l’animal. C’est une histoire trop grave et qui ne mérite pas la médiocrité. Aujourd’hui l’animal a gagné ! les arènes étaient en liesse, aujourd’hui nous avons assisté à du grand art pour le premier toro gracié à Béziers.
UNE FIESTA QUI EMBRASE LA VILLE De très nombreuses bodegas ont fait la fête à la sortie des arènes jusqu’au petit matin tous les soirs. Ambiances différentes mais autant de chances pour s’amuser bruyamment en toute bonne humeur.
La bodega des sportifs (ASPTT), en fond de cour, n’a que l’abord de discret. La bodega des « infirmiers » réputés non seulement fêtard mais aussi très jeune. « L’Imperator » plus privatisé, on y accédait par invitations comme au « 15 bis » une nouvelle adresse lancée par le producteur de vin Arnaud Malefette partenaire des arènes, sans oublier « La maison de campagne » du traiteur Pierre Augé qu’on aperçu à peine derrière ses fourneaux pendant qu’une faune du tout Bézier « officiel-chic » se trémoussait sur des airs du lointain passé. (Il paraît que tard dans la nuit, la clientèle était plus branchée jeune !)
« Au garage », on nageait en pleines années 70, pendant qu’« aux poètes », le palmarès des musiques se faisait très éclectique.
Les concerts, quant à eux se faisaient pléthore qu’il soit magnifique comme celui de flamenco Sévillais de la soirée des arènes, où bruyant mais exotique sur les places avec les « Tambours du Bronx ».
UN VRAI RESTAURANT RESTAIT OUVERT L’Ambassade
Avec sa gentillesse légendaire, Patrick Olry restait ouvert et donnait même du lest dans les horaires à sa jeune brigade friande de festivités nocturnes. Excentré des places bruyantes on y retrouvait de vrais gastronomes, en mal de quiétude et de véritable cuisine. Une salle bien ensoleillée avec aperçu sur la cuisine par une baie vitrée sablée, murs de bois blond et acier brossé, fer forgé et décorations dans les tons oranges donnent bonne mine d’emblée. Une parfaite exécution du geste, une originalité dans le chemin que le maestro fait prendre aux produits, réjouit toutes les papilles. On dévore un carpaccio de thon rouge vinaigrette de févettes miellées huile de picholine,(18€) ou un pressé de saumon fumé sauvage, brousse de brebis aux herbes, légumes craquants et sardines fraîches marinées,(19€) on adore une crépinette de lotte au persil plat, artichauts poivrades ( 22€), une noix de veau cuite au four, gâteau de blettes aux graines torréfiées, jus de plaque aux girolles (23€) ou un bar de petite pêche à la peau itou, est gourmand et les desserts fruités, entre autres un petit croustillant nougatiné tarte aux fruits de saison et nougatine, un vrai bonheur ( 24€). Une équipe en salle très aimable dirigée par la non moins charmante et jolie Marie-Laure qui tient cette salle gastronomique de main de maître depuis de nombreuses années.
Côté cave, les vins du Languedoc et du Roussillon sont proposés avec justesse, par un sommelier dont la jeunesse lui fait peut-être un peu oublier qu’il n’est pas le seul à connaître les vins…attendons que jeunesse se passe. Nombreux menus : L’approche 28€ - La découverte 36€- La balade 52€ - Le homard bleu dans tous ses états 85€ - Un menu jeune convive 13€ - même plats à la carte. L’Ambassade : 22, Boulevard de Verdun – 34500 Béziers – Tel : 04 67 76 06 24
« LES AOC DU LANGUEDOC » PARTENAIRE DE CETTE FERIA Un vignoble, bordé par la Méditerranée, adossé aux contreforts des Cévennes, niché aux pieds des Pyrénées, accroché aux massifs des Corbières ou bien lové dans l’amphithéâtre de la Montagne Noire, avec ses 19 appellations du Languedoc offrent une diversité depuis l’Antiquité. Cette région baignée par le soleil, balayée par les vents du Nord et les influences maritimes est réellement une terre de contrastes.
Le Languedoc, vaste région viticole du sud de la France à la chance d’offrir à l’amateur une palette exhaustive. Une extraordinaire diversité qui passe des bulles du crémant, vif et pétillant, au muscat doux et caressant.
Les amateurs de blanc sec trouveront leur bonheur en Minervois, Corbières et coteaux du Languedoc, les vins de Lunel et leur muscat séduiront les femmes. Les blancs gras, issus de Roussane, Marsanne ou Maccabeu, ou des blancs déjà évolués marqués par le grenache, le terret et le rolle, sont à apprécier. Côté rouge, les charpentés, même jeunes, sont des binômes parfaits pour agneau, viandes rouges et gibier, mais on pense surtout à La Clape, au Minervois ou autres Hautes corbières. Vignes pentues, enchâssées dans la garrigue et la roche pour Faugères, Saint Chinian et Pic Saint Loup.
FAUGERES – AOC pour le rouge et rosé depuis 1982 – Blanc 2005 Au nord de Béziers et de Pézenas, un terroir adossé aux premiers contreforts des Cévennes s’étale à 300 mètres d’altitude. Son terroir de schiste (produits par la compression lors de la formation du Massif) –Central et d’argiles de l’ère primaire, donnent une qualité de sols très filtrants, peu fertiles et très acides. Un climat sec et doux et une exposition de vignoble plein sud. Les cépages de Syrah, grenache, Mourvèdre, Carignan et Cinsault pour les rouges et les rosés, Roussane, Grenache blanc, Marsanne et Vermentino pour les blancs.
Les jeunes vins sont structurés mais souples avec des notes minérales et des arômes de petits fruits rouges, de réglisse, d’épices et de garrigue. Issus d’un terroir schisteux, ils sont peu acides et ont des tanins fins et élégants. Après un élevage de 12 mois, les tanins deviennent soyeux et s’accompagnent de notes de cuir et de réglisse douce. De leur côté les vins blancs offrent des notes florales et miellées.
On aime les vins du Domaine de Ollier-Taillefer : Le Castel Fossibus : une culture raisonnée qui rend un Castel Fossibus 2004 avec une ossature massive en bouche gras et riche une finale épicée un vin qui mérite l’attente. Séduisant il gagnera à vieillir. Tél : 04 67 90 24 59 -
et du domaine de Prés Lassés : Né d’un rêve, ce domaine, vieux d’a peine 30 ans, produit des vins généreux emprunts d’une forte personnalité émanant des terroirs schisteux qui font la particularité de l’appellation. On aime tout spécialement le Castel Viel 2001 avec sa majorité de Carignan il dégage des effluves intenses de poivre. Structuré en bouche, il dégage une puissance impressionnante. La cuvée 2003 n’a pas la même envergure. Voir le Site
SAINT CHINIAN Au nord, une zone schisteuse pour les 2/3 du vignoble, au sud, une zone argilo-calcaire composée de calcaires durs, de grés et de poudingues. Les cépages principaux sont rouges et rosés. La gamme aromatique en rouge, sur les vins jeunes, se porte sur les fruits rouges framboise cassis et sur les épices laurier et poivre. Sur des vins plus âgés, une dominance de cacao, torréfaction et confiture de fruits rouges ainsi que fruits à l’eau-de-vie.
PICPOUL DE PINET Au Nord Ouest de Béziers. Les collines du Clétacé et terrasse de Pliocèsse ; les cépages principaux sont blancs :Le Picpoul blanc.
La gamme aromatique en blanc propose un vin à la robe brillante or pâle à reflets verts. Le nez est élégant, fin et très floral avec des senteurs d’aubépine et de tilleul et de petits fruits. Une attaque en bouche est fraîche et délicate. Bel équilibre de volume, d’acidité et de rondeur avec une charpente étonnante, légère acidité très typique et reconnaissable.
LA CLAPE Comme Picpoul de Pinet, La Clape fait partie des Coteaux du Languedoc dont certains disent qu’il est le plus ancien vignoble de France. La diversité de ce terroir et la typicité des vins du Coteau du Languedoc, se traduit par la mise en place d’une hiérarchisation sur trois niveaux : L’appellation régionale Coteaux du Languedoc, les appellations sous régionales et des noms de terroir. Avec des sols très variés constitués surtout de calcaire dur des garrigues et de sols schisteux, mais aussi de graves apportés par les fleuves et les rivières, avec un climat au caractère méditerranéen à la saison chaude et sèche importante.
Les vins rouges sont veloutés et élégants sur des notes de framboise, de cassis, d’épices et de poivre. Les vins de garde développent des notes de cuir, de laurier et de parfum de garrigue. Les blancs sont floraux aux senteurs d’aubépine.
UN PEU DE TOURISME OBLIGE Impossible de parler du Languedoc sans parler tourisme et l'un des métiers auxquels les vignerons s'associent facilement, passe par la chambre d'hôtes.
Une nouvelle mode qui paraît séduire un grand nombre, probablement dû au peu d'hôtels dans la ville Cathare.
Quelques gîtes dans le domaine du Château Rouquette. Voir le Site
Mais on aime aussi le Château L'Hospitalet de Gérard Bertrand et en particulier son Château l'Hospitalet 2004 d'un équilibre harmonieux et charnu.
Hôtel de charme chez Gérard Bertrand à l'Hospitalet : Voir le Site
Des chambres d‚hôtes à Pézenas dans une maison du XVIIème siècle : Hôtel de Vigniamont des plus charmants.
Hotel de Vigniamont : Tel : 04 67 35 14 88 – Voir le Site
Un seul Relais et Châteaux dans les environs avec le merveilleux « Jardins des Sens des frères Pourcel. Celui-ci a le charme des jumeaux, le contemporain luxueux que l’on aime et bien entendu les saveurs à la hauteur de notre attente. Ce qui est magique, est que vous pouvez rester trois jours chez eux et retrouver leur signature dans d’autres lieux. A commencer par la plage avec cette « paillotte » à la marocaine pour un restaurant les pieds dans l’eau, bondé midi et soir et on le comprend. Saveurs simples et régionales mais traitées avec la droiture et la franchise qu’on attend. Plus loin entre Montpellier et Béziers, la nouvelle acquisition en fait pâlir plus d’un. L’Améri K club tenu par un de leur dauphins est très certainement le lieu le plus branché de toute cette partie de la côte. Sète la ville portuaire connue pour son plus illustre poète et chanteur Georges Brassens, dispose d’un lieu extraordinaire aux pieds du théâtre de la nature. C’est là que c’est installé l’Améri K club les pieds dans l’eau.